01 avril 2012

Black Strobe - Burn Your Own Church

Black Strobe - Burn Your Own Church
Et là, le mec, il pose ses couilles sur la table!

Vous vous souvenez du film Rock'n'Rolla? Non? Allez, c'est un film de Guy Ritchie! Dedans, Gerard "THIS IS SPARTA" Butler se fait courser par un russe un brin indestructible. Toujours pas? Tant pis. Je vous pisse au cul. Deux fois.


C'est avec la bande originale de ce film que j'ai connu Black Strobe, notamment avec la chanson I'm a Man. Véritable ode à la virilité, j'ai directement foncé sur l'album dont le morceau est tiré. Je dois avouer que sur le moment, je ne me suis pas du tout intéressé à ce que le groupe faisait. Vu la testostérone que dégageait le morceau, je m'attendais à un groupe de punk qui aurait bouffé Elvis. Que nenni. Black Strobe est un groupe français d'electroclash. Un très bon groupe d'electroclash. Je balance la galette dans le lecteur et laisse la magie opérer.

Brenn Di Ega Kjerke, la première piste, nous met tout de suite dans le bain. Black Strobe, c'est du "Course à la Mort de l'An 2000" qui aurait pris du speed. Le morceau est un magnifique diesel : 1 minute 30 de montée pour laisser échapper toute la violence du synthé ( j'ai eu envie de dire "du riff", l'esthétique rock-punk est omniprésente ). On a le droit à 6 minutes 38 de course poursuite nerveuse et énervée. Un bon tour de piste pour vous préparer à la suite du trip.

Shining Bright Star.  C'est à se demander si on a vraiment affaire à un groupe d'electro. La basse est lourde, comme  le cœur d'un condamné à mort. La piste évolue ensuite vers un malaise. Pas que le morceau soit mauvais, bien au contraire, mais la mélodie et la voix d'Arnaud Rebotini vous plonge dans un bad trip d'une violence inouïe. Les instruments se rajoutent pour former une magnifique cacophonie qui vous entraîne vers le fond. Pendant 5 minutes 30, on se prend pour Jacques Mayol, mais bordel, le grand bleu est sacrément bruyant.


Girl Next Door est la première "pause" dans l'album. Le morceau n'est pas lourd. Il n'est pas rapide non plus. Mais bordel, il est violent, pas par une violence effective mais par ce qu'il nous fait ressentir. On a le sentiment d'espionner la girl next door par sa fenêtre pendant qu'elle se change. La basse lancinante et les synthés tout en retenue nous offrent un mélange d'excitation et d'interdit propice aux nuits les plus sensuelles.

Blood Shot Eyes. Si on m'avait demandé de donner une définition à la migraine, j'aurais certainement choisi ce morceau. On a les yeux explosés avec le chanteur pendant ce bad trip qui vous ramollit le cerveau à coup de marteau à viande. Je ne sais pas ce qu'ils ont pris pour être aussi mal pendant la production de cette piste mais bordel, j'en veux pas du tout. Ils m'ont mis la tête à l'envers sans que j'y touche. Joli.

Not What You Need représente la parfaite technique de rupture. Tu en as marre de ton amour? Fais lui péter cette chanson. Pas la peine d'essayer de répliquer, tout y est : la violence en retenue jusqu'à l'explosion du refrain, la voix qui tranche le coeur comme un katana sentimental. La personne en face ne peut qu'accepter et toi, tu seras remonté comme une pendule. C'est à ce moment que vous allez avoir besoin de la piste suivante.

I'm a Man. TOI! Oui, je te parle à toi jeune homme. Les choses vont mal dans ta vie? Tu t'es fait larguer ou tu n'arrives pas à chopper? Arrête de faire la fillette, prends des couilles dans tes mains, lève toi et marche au doux son de la testostérone. Cette piste, c'est un hymne. C'est pas une piste pour gonzesses. On me parle de la misogynie d'Orelsan, mais putain, ce morceau est tout ce qu'il y a de plus anti-meuf. Faites péter ce son pendant une manifestation féministe et vous allez vous marrer. Oui, je fais long et je dis pas grand chose mais je m'en tape. Je fais ce que j'ai envie de faire. I'M A MAN PUTAIN!


Lady 13 représente la deuxième pause dans l'album. On commence gentiment avec piano et voix. C'est calme, bien foutu et on sent pas de malaise. Le morceau démarre et on a le sentiment d'une histoire d'amour qui finit mal. On a envie que le morceau décolle mais il reste toujours très calme. La voix se retient, pas de basse assourdissante, c'est une lente agonie. C'est une piste magnifique, lente et triste. Pas de pathos ou de gnangnan, juste de la sincérité et bordel, ça fait du bien.

You Should Be. On avait pas encore eu le droit à la réponse à Not What you Need. On l'a. Mais celui qui répond à un léger grain et a une machette comme meilleure amie. On dit pas non à Patrick Bateman. Le synthé sonne comme une tronçonneuse. Pour le coup, on a une piste vraiment violente et ce , sur tous les points. L'ambiance met mal à l'aise, la batterie est frappée à coups de masse, tous les sons ne font qu'un pour former un dégueulis de musique stridente et sale. Je savais pas que les éviscérations avaient ce son là. Classe.

Buzz Buzz Buzz, c'est ce qui arrive après l'agression. L'hôpital. Le son métallique, froid et ce BZZZ BZZZ BZZZ BZZZ incessant, on est sur la table d'opération et on lutte pour pas crever. Chaque cellule, chaque organe, chaque sens bataille pour ne pas laisser la mort venir chercher sa moisson. Pas de voix ici, juste une electro organique qui fait sérieusement mal. Quand la grosse caisse s'arrête, ce n'est pas que le fin du morceau, c'est aussi le moment où ton propre cœur s'arrête.




Last Club on Earth. La montée mes amis. Le ravissement. C'est à croire que chaque morceau de l'album implique une suite logique. Après la mort vient l'envol. Plus de malaise violent, plus de testostérone ou de colère, juste une montée, rapide, dangereuse, incompréhensible. C'est à la fois lyrique et épique. On peut tout à fait s'imaginer voguer entre les étoiles pour atteindre ce fameux last club on earth. Il ne nous reste plus qu'à espérer que le videur nous laisse rentrer.


Crave For Speed. Pas de bol. Le videur nous a pas laissé rentrer. Vous connaissez ce fameux état mythologique où on est ni mort, ni vivant. Juste un ectoplasme empli de haine. Le calme froid et triste des couplets jure avec la violence sonore des refrains. Comme si la tristesse et la colère enfantaient d'un sentiment horrible. Ce sentiment ne peut être que la mélancolie morbide. Ce morceau est rempli de mélancolie morbide. On ne pouvait pas rêver mieux pour terminer cet album. On aura vécu pleinement, souvenons nous et pleurons.

En conclusion, je ne vois qu'un mot pour cet album. Couilles. Cet album a des bollocks, tant sur le plan musical que par rapport à l'histoire qu'il racontera à chacun de nous. Bordel. Merci Black Strobe, vous avez fait de moi le plus grand scénariste du monde pendant 1h20. Le turbo Kiff.


LeMitch