11 avril 2012

DJ Shadow @Panoramas 2012

DJ Shadow Panoramas 2012 - Morlaix

Parmi les artistes les plus célèbres de l’électro, Joshua Paul David n’est plus un newbie. Alors quand monsieur Shadow sort de l’ombre pour venir faire un tour à quelques kilomètres de chez moi je me sens dans l’obligation d’y aller tendre une oreille.


L'avis de Trash' :


J’entends déjà les premiers pavés voler droit dans ma fenêtre, les foules en délire tenter de violer mon chat, mais vous avez sous les yeux une personne non convaincue par un des patrons de l’électro. Certes l’idée de la Shadowsphère n’est pas foncièrement mauvaise, mettre en avant la musique et décentraliser l’importance du musicien, mais ce n’est pas ce qui me fait vibrer personnellement. 

A mon goût, on limite de plus en plus le live à un visuel. Mais c’est là qu’est l’erreur : un live c’est un DJ qui donne tout ce qu’il a et qui le montre. J’aime voir un DJ s’exciter sur ses platines, te montrer pourquoi il fait ce métier, ce qui le fait vibrer (à l’instar de Kalkbrenner la veille), voir dans ses yeux qu’il en a rien à battre, que tout ça c’est de la connerie et que putain on est là pour faire la teuf ensemble sans se soucier de rien.

Avec Shadow je n’ai pas ressenti ça, être face à une sphère me pousse à me poser la question de sa présence. Je me doute qu’il était là (ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit !) mais il aurait tout aussi bien pu faire jouer un ancien live ou partir pisser qu’on y aurait vu que du feu. Alors oui le son était bon, mais le visuel d’une idée fondamentalement intéressante peut devenir prétentieuse si on n’y prête pas attention.

Tu n’as pas tellement besoin de ça Joshua, je trouve juste ca dommage. 

Trash'




L'avis du Mitch :

Dj Shadow n'a plus rien à prouver à personne. Depuis 1991, ce Dj nous abreuve d'un son Abstract Hip Hop du plus bel effet. C'est donc avec une impatience folle que j'attendais ce concert.
Joshua Paul Davis vient dire un petit mot à la foule. Petite introduction pour grand concert. On sait d'ores et déjà qu'on va prendre sacrément cher.

Le set commence. Et bordel, il commence sacrément fort. Musicalement, ça tue, mais une petite broutille me gène. Impossible de voir le Dj.  Ma déception est toutefois noyée dans la puissance du spectacle que la ShadowSphere nous offre. En fait, ici, ce n'est plus réellement un concert auquel nous assistons. C'est un vrai spectacle sons et lumières. La puissance du set est sublimée par la virtuosité de chacun des effets mis en place sur la sphère et l'écran. Tout est important. Tout est grand.

Dj Shadow décide d'ouvrir sa sphère au beau milieu de son set. Les préliminaires étant terminées, il peut sérieusement nous la mettre. On voit l'artiste et lui aussi nous voit. Le partage peut enfin commencer et il sera effectif jusqu'à la fin du concert.

Certains pourront critiquer le choix artistique de Dj Shadow. Moi même, venant de la scène Métal, je fus déçu à la sortie du concert. Mais avec le recul, on ne peut que saluer ce choix. Ce concert en deux parties, ça nous permet de comprendre à quel point la musique pourra se partager de façon différente. On prend tout d'abord cher avec le spectacle offert par l'orgie sonore et visuelle. On apprécie la réelle recherche rythmique en adéquation avec ses chorégraphies vidéo. Quand la sphère s'ouvre pour laisser voir Dj Shadow, on sent que le spectacle va être différent. Au spectacle va s'ajouter la communication entre le public et l'artiste. On se sent privilégié.

La déception est compréhensible. Le talent est toutefois ce qui va faire de ce concert-spectacle, une des TURBO claques de ce festival.

LeMitch