09 avril 2012

Madeon @Panoramas 2012

Madeon Panoramas 2012 - Morlaix

La scène électro hexagonale sait prendre soin de ses jeunes premiers et, à l’instar de Baadman, c’est une place de choix qui attendait Madeon pour la quinzième édition de Panoramas, à Morlaix. Faire ses classes au festival finistérien, qui affichait probablement la meilleure line-up électro de cette année, s’annonçait être une échéance à ne pas manquer d’autant plus que ce dernier postule pour les félicitations du jury. Beaucoup y voit un virtuose en puissance, capable de condenser 39 « hits music only » en  3 minutes de set, mais après avoir été adoubé sur plusieurs continents, il venait se frotter au festivalier les plus chevronnés du Vieux Continent.

Le public breton était bel et bien au rendez-vous, probablement curieux de voir si les jeunes épaules du nantais pouvaient assouvir ses inclinaisons à faire de chaque célébration musicale un moment solennel.  Et les premières notes de son récital sont clairement à son avantage. Sûr de l’impact d’un remix qui l’a révélé aux yeux de tous,  il soigne une introduction brute de décoffrage avec « Pendulum – The Island » (Madeon Remix) afin de répondre aux attentes des plus dubitatifs.

Madeon s’inspire ensuite de la structure chancelante d’avant-bras bariolés d’une foule d’individus aussi frais que le désodorisant de nos toilettes pour prendre de la bouteille, épaissir son jeu. Et si son set sera une ascension irrésistible jusqu’au mash-up de l’année « Pop Culture »,  le prodige français a su forcer tant l’admiration que l’adhésion de l’auditoire. L’armada de t-shirts moulants a pu s’identifier aux remix les plus pop de celui qui a commencé sous le pseudonyme de Deamon tandis que les gesticulations des anciens « rahans » trouvaient dans le remix de « Blur – Song 2 » un motif idoine justifiant tous les excès.

En définitive, Madeon n’a pas usurpé le talent qu’on lui prête. La fougue de la jeunesse ou ses dispositions innées pour un exercice qu’il pratique depuis l’âge de 11 ans ont eu raison de la fièvre celtique, affichant par la même occasion une belle opposition à un DJ Shadow moins en verve.

Résultat : Admis avec mention très bien ; on aurait pourtant bien aimé le voir en rattrapage sur la région. Qui sait ? Morlaix a peut-être été le début d’une histoire commune…


Castor Dynamite