13 avril 2015

Festival Panoramas #18 - Interview Joran Le Corre

Festival Panoramas #18 - Interview Joran Le Corre - Pays de Morlaix
A l'occasion de la 18ème édition du Festival Panoramas, on est parti à la rencontre de Joran Le Corre, programmateur de l'évènement et tourneur de Infected Mushroom, Sexy Sushi, Salut C'est Cool, Madben ou encore Popof. Joran revient avec nous sur les débuts de Panoramas, la programmation, la jeunesse du public et sur ses meilleurs souvenirs live. Interview.

Festival Panoramas #18 - Interview Joran Le Corre - Pays de Morlaix

Suck My Disk : Salut Joran ! Premiere question, c'est quoi pour toi l'esprit Panoramas ?  

Joran Le Corre : L'esprit, c'est d'essayer de faire une grande fête en étant la mieux organisée possible. C'est à dire de faire les fous dans un cadre sécurisé, on va dire. Et c'est pour ça qu'il y a une débauche de moyens vraiment importants du genre médecins, croix-rouge et compagnie. L'idée c'est de faire la plus belle fête possible mais sans prendre de risques.  

Suck My Disk : Quelles sont tes attentes lors d'un évènement comme celui-ci ?  

JLC : Moi ce qui me fait kiffer, clairement, et je pense que c'est pareil pour toute l'équipe de Wart, c'est de voir le public à fond. Hier pour Salut c'est cool c'était impressionnant, il était encore très tôt, même pas 22h, et t'as un public hystérique. Je trouve ça génial, et on trouve ça super ! On pense, et on est même sur, et d'ailleurs on est reconnu pour ça, qu'on a vraiment le public de festival le plus jeune de France. Il n'y a pas d'équivalent, et cette jeunesse on la kiffe. Là on a 18 ans, et on va bientôt dépasser la moyenne d'âge de nos festivaliers donc on trouve ça rigolo. En tant qu'organisateur, le kiff c'est ça, c'est de voir tout ces gens s'amuser, danser, s'éclater. Toute l'année sur Facebook, on n'hésite pas à interagir avec nos fans et on sent qu'une certaine jeunesse s'est vraiment approprié l'évènement. On ne se fait pas troller, on est même plutôt épargné de la haine que l'on peut voir sur les différents réseaux sociaux. On a une cote d'affection qui est assez énorme.  

SMD : Ca ne pose pas de problème d'avoir justement un public si jeune ?  

JLC : Au contraire moi j'adore ça. Ça m’énerve d'entendre ça ! Parfois je vois des mecs qui ont 23, 24 balais, moi j'en ai 37, et qui sont là "non mais Pano c'est trop jeune", et qui daubent la jeunesse des gens, et tu te dis "mais ça va pas la tête les gars ?". Cette énergie là, les artistes la ressentent, et ils adorent ça. Là il est 21h, Etienne de Crécy joue dans quelques minutes et le Grand Hall est déjà plein, ils sont au taquet, ils sont tous à fond ! Ça c'est quand même quelque chose de non négligeable. C'est bien simple il suffit de voir le nombre de mecs déguisés. Ca j'adore aussi. Clairement, j'aurai adoré pouvoir faire Pano au camping avec mes potes quand j'avais leur âge.  

SMD : Justement, est-ce que vous avez créé ça à l'époque parce qu'il y avait un manque ?  

JLC : Non pas du tout, le festival s'est créé il y a 18 ans, donc ça commence à faire un moment. Au départ je jouais dans un groupe de métal (After hate) quand je passais mon bac et les frangins Eddy et Lionel Pierres sont venus me chercher parce que j'étais un peu une grande gueule, et ils me disent "on aimerait organiser un festival !!". Moi j'organisais déjà beaucoup de soirées, des soirées bien débiles avec des noms débiles dans les Mont d'Arrées, et on s'est mis à organiser ça. Au départ c'était 10 francs l'entrée, c'était que dans les bars de centre ville, que des groupes morlaisiens. La deuxième année on a pris des groupes qui venait de la région, et il y avait une tête d'affiche nationale, c'était Sloy à l'époque, un groupe qu'on adorait, et ensuite on est passé aux groupes internationaux et tout, mais ça a démarré dans les bars de Morlaix.  Et c'est devenu ce que vous connaissez aujourd'hui.




SMD : Justement c'est pas un gros challenge de le faire à Morlaix ?  

JLC : On rame, même là le festival est complet mais on sait qu'on va avoir du mal à joindre les deux bouts sur l'année, parce qu'on n'a pas pu augmenter la jauge comme on le souhaitait, du coup tout est très fragile. Mais l'économie et la vie des festivals en France actuellement est très dure. La cartographie actuelle des festivals meure et il n'y en a plein qui ne tiennent pas  On s'autofinance à 90%, vous imaginez que si une année la programmation est un peu moins bonne et que le public ne vient pas, on est mort. On a pas de matelas de sûreté. Comme on est une initiative privée, ce n'est pas une demande de la ville qui dit "tient on veut faire un festival", on l'a imposé quand on était au lycée, et maintenant c'est devenu une grosse machine, ça a mis du temps, mais on sent quand même que c'est fragile. Vraiment fragile. Et c'est hyper stressant. On annonce la programmation en décembre et je commence à booker le festival en juillet mais il faut que ce soit les groupes que les gens vont vouloir voir. Et c'est aussi très stressant. Là quand le festival va se terminer, le cafard va être terrible la semaine d'après et c'est surtout qu'il va falloir tout recommencer. Ça passe trop vite, ça file vraiment. Tu te dis que tu as tellement bossé pour ça et puis ça dure deux jours et c'est terminé. Et tu recommences tout de suite après.   Il y a un côté novateur avec Panoramas puisque tous les artistes qu'on trouve à Panoramas on les retrouve ensuite dans les festivals le long de l'année.  

SMD : Comment vous choisissez votre programmation ? Vous êtes plusieurs à décider ?  

JLC : Non plus maintenant, avant c'était très collégial, maintenant je suis tout seul. Cette année j'ai parié sur des groupes, que mon équipe ne connaissait pas, à la limite ils me suivaient même pas sur mes choix (rires). Quand je leur ai dis qu'il y aurait Infected Mushroom et Tchami, ils m'ont dit "non mais c'est quoi ce truc ?" et en fait, on a fait le plein hier soir. Je pense qu'Infected Mushroom a vraiment attiré énormément de monde, donc c'est rigolo. On prend des risques avec de nouveaux noms, mais on met quand même de gros noms comme Laurent Garnier, Brodinski, Super Discount... on essaye de mettre des valeurs sûres aussi mais après c'est difficile, il faut se renouveler tous les ans. 



SMD : Tes meilleurs souvenirs live à Panoramas ?  

JLC : C'est marrant puisqu'il y a un plein de trucs. Daniel Avery l'année dernière au grand hall, j'ai vraiment pris une énorme baffe, il y avait une espèce d'euphorie géniale avec l'équipe. Quand Izia avait joué au Club Coatelan quand elle avait 16 ans, elle était encore inconnue et qu'elle avait juste retourné tout le monde, ça c'était un grand moment. Alain Baschung au théâtre de Morlaix.  La première date de Justice à Coatelan c'était fou. Le premier concert de Vitalic c'était juste dingue. Boris Brejcha son premier passage. Il y'en a plein, vraiment plein.

SMD : Est-ce que tu es aujourd'hui très satisfait de ce qu'est devenu Panoramas ? Est ce que tu as des regrets ?   

JLC : Oui on est quand même hyper content et fier de ce que c'est devenu, c'est une petite ville, on démarre la saison des festivals, c'est pas forcément évident, et c'est génial de voir cette énergie là, moi j'adore ça. C'est hyper important qu'au moins une fois dans l'année cette ville célèbre sa jeunesse. Ok, il y a quelques désagréments, des voisins qui râlent, mais faut pas déconner, ça dure que trois jours (rires).  

SMD : Merci Joran d'avoir répondu à nos questions, on sait que t'es pressé d'aller voir Superpose sur scène, alors on te libère.

JLC : Merci à vous les copains, et oui je file c'est son premier live, je ne veux pas rater ça. Éclatez-vous bien !



Festival Panoramas #18 - Interview Joran Le Corre - Pays de Morlaix